Le
marquis de Puységur est, comme tous ses frères, officier
d'artillerie.
Il demeure au château de Buzancy, près de Soissons et,
comme la plupart des aristocrates de cette époque, possède
un cabinet de physique, cabinet dans lequel il passe
ses loisirs à magnétiser.
Un
jour qu'il magnétise un jeune paysan, qui souffre de
légers troubles respiratoires, il a la surprise de constater
que celui-ci reste bien éveillé et lucide, répondant
à toutes ses questions et obéissant même aux ordre du
magnétiseur, et ceci sans pour autant présenter de crise
convulsive. Et le patient en sort guéri.
Le
marquis de Puységur vient de faire la preuve que les
crises convulsives ne sont pas indispensables.
Il
montre l'importance du contact verbal entre le magnétiseur
et le magnétisé, ouvrant du même coup le conflit qui
oppose encore de nos jours les tenants des théories
physiologiques à ceux des théories psychologiques.
Mesmer
connaissait lui aussi ce contact verbal, mais en physiologiste
convaincu, il ne voulut pas s'y arrêter, taxant d'imaginaire
toute explication de caractère psychologique.
Si
pour certains Mesmer peut être considéré comme l'initiateur
du magnétisme, le marquis de Puységur doit en être regardé
comme le fondateur.
C'est
lui qui a démontré l'importance du sommeil magnétique,
encore appelé somnambulique, au cours duquel le patient
reste en relation avec le magnétiseur et peut ainsi
se laisser suggestionner.
Pour
Puységur, le véritable agent curatif est la volonté
du magnétiseur.
Il
semble que ce soit beaucoup plus un phénomène naturel
de lassitude pour un sujet brûlant mais passé de mode,
qu'un nouvel arrêt de l'Académie de Médecine qui va
annoncer la désaffection pour Puységur et le discrédit
pour les magnétiseurs.
Mais
n'est ce pas la destinée des baquets que de retourner
à leur lessive première !!
LE
CREUX DE LA VAGUE
De
1789 à 1819, 30 années vont s'écouler très creuses pour
l'Hypnose.
Cependant,
le mouvement s'étend à l'étranger, particulièrement
en Amérique.
Mais
c'est en Angleterre que l'homme surgira, qui va secouer
les oripeaux inutiles qui cachaient et falsifiaient
la pureté phénoménologique.